Pesticides
L’utilisation mondiale étendue des pesticides est responsable de la présence des dioxines et furanes les plus persistants dans l’environnement. Faire des choix plus écologiques de consommation de produits alimentaires et autres permet de réduire la pollution environnementale et l’exposition personnelle aux dioxines.
Depuis les années 1940, il y a eu une augmentation considérable dans la fabrication et l’utilisation des produits chimiques organiques chlorés, des insecticides et des herbicides (désherbants). Lorsque ces produits sont fabriqués, le produit dérivé indésirable (mais inévitable) de la dioxine est généré.
Comme les pesticides comme le DDT, la dioxine s’accumule dans les cellules graisseuses des animaux et réapparait dans la viande et le lait, mais aussi dans d’autres sources inattendues. Aujourd’hui un hamburger type contient jusqu’à 100 picogrammes de dioxine. Il faut faire attention aux produits issus des méthodes conventionnels avant de les manger et il est suggéré que les fruits et les légumes soient soigneusement lavés pour éliminer les résidus de pesticide de chlorophényle. Évitez les raisins, sauf si l’emballage indique qu’ils viennent d’exploitation biologique, étant donné qu’ils sont pulvérisés le plus souvent et qu’ils ne peuvent pas être soigneusement lavés. Évitez tous les produits contenant de l’huile de graines de coton comme ingrédient (comme les chips), étant donné que le coton est souvent pulvérisé avec des insecticides au chlorophényle. N’utilisez pas de savons contenant du suif (la plupart des savons), car celui est fait à partir de graisse d’animal. N’utilisez pas de savons, déodorants et dentifrices contenant du « triclosan » car il s’agit d’un chlorophényle.
Saviez-vous que le coton cultivé de manière conventionnelle (non biologique) est la culture la plus pulvérisée au monde. Les pesticides et les insecticides utilisés affectent non seulement les écosystèmes des pays où ils sont pulvérisés, ainsi que l’eau, mais également la santé des agriculteurs travaillant la terre.
Par exemple, au Bénin en Afrique, 37 personnes sont mortes d’empoisonnement aux pesticides pendant la saison 99/2000, alors que 36 tombèrent gravement malades. Un pesticide en particulier, le Callisulfan, a entraîné l’empoisonnement d’environ 147 personnes, dont 10 sont mortes. Les jeunes sont les plus affectés ; 85 % des victimes avaient moins de 40 ans.
Les écosystèmes sont détruits. Les vers de terre meurent, les oiseaux et les grenouilles mangeant les vers contaminés meurent, les chouettes se nourrissant des grenouilles meurent en dix minutes ! Même les serpents meurent. Le poisson meure à cause des écoulements de pesticides des champs vers les cours d’eau. Les cultures vivrières poussant parmi les plants de coton sont empoisonnées et laver les produits n’enlève pas le poison. Les agriculteurs pauvres du monde en développement réutilisent l’emballage des pesticides comme récipients pour leurs aliments. Ces agriculteurs ne sont ni protégés des pulvérisations, ni informés correctement des risques qu’ils courent. Les instituts de recherche du coton connaissent bien l’utilisation inappropriée des pesticides du coton en Afrique de l’Ouest.
Les conséquences de la pulvérisation avec des pesticides et des insecticides vont très loin. En 2008, à Delhi en Inde, il a été constaté que 12 marques de soda mondiales bien connues contenaient des résidus de quatre pesticides et insecticides extrêmement toxiques : lindane, DDT, malathion et chlorpyrifos selon les tests menés par le Laboratoire de surveillance de la pollution du CSE (PML). Les résidus totaux de pesticide étaient en moyenne 36 fois supérieurs aux limites de pesticides totaux de la CEE. L’eau souterraine utilisée pour faire les sodas est infestée de pesticides. PML a testé les échantillons de soda pour 16 pesticides organochlorés, 12 organophosphores et quatre pyréthroïdes synthétiques, qui sont tous couramment utilisés comme insecticides en Inde.
Le pesticide DDT, interdit il y a des décennies dans la plupart des pays du monde, apparaît toujours dans les pingouins d’Antarctique, sûrement en raison de l’accumulation de produits chimiques dans les glaciers en fonte. Les pingouins d’Adélie présentent depuis longtemps la présence de DDT dans leurs tissus graisseux, mais les chercheurs ont été surpris de voir que le niveau de pesticide n’avait pas diminué, même après l’interdiction d’utilisation extérieure dans les années 1970 aux États-Unis et ailleurs.
Et l’insecte le plus important de tous, l’abeille, qui est nécessaire pour la pollinisation de nos cultures, meure d’empoisonnement chimique dans le monde entier. En Allemagne, les scientifiques de l’Institut Julius Kuehn ont tracé la cause de morts massives parmi les abeilles à un pesticide couvrant les graines de maïs. D’énormes quantités d’abeilles ont été tuées dans la région de la vallée du Rhin en Allemagne par le produit chimique clothianidine. Parmi 30 abeilles mortes, 29 avaient été tuées par le contact avec le pesticide.
L’endosulfan est un pesticide extrêmement toxique, associé aux anomalies congénitales, handicaps intellectuels chez les enfants, épilepsie et maladie de Parkinson, qui sont passés à la génération suivante par le placenta et le lait maternel. Déjà interdit dans 55 pays, il est toujours utilisé en Nouvelle-Zélande sur divers légumes et fruits, ainsi que pour tuer les vers de terre sur les terrains de sport, de cricket, de golf et de bowling sur herbe. L’Union Européenne propose actuellement une interdiction mondiale sous l’égide de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. L’endosulfan est un perturbateur d’endocrine qui imite les effets de l’œstrogène. Les résidus trouvés dans les aliments cultivés en Nouvelle-Zélande sont suffisants pour causer le développement des cellules du cancer du sein. La Nouvelle-Zélande a l’un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde.
Alors, quelle est la meilleure alternative à cet empoisonnement mondial des cultures, des animaux et des hommes ? L’agriculture biologique est une méthode écologique qui compte sur la rotation des cultures, l’engrais vert, le compost, le contrôle biologique des parasites et la culture mécanisée. L’objectif principal de l’agriculture biologique est d’optimiser la santé et la productivité de communautés interdépendantes du sol, des plantes, des animaux et des personnes. Le terme « biologique » est défini par la loi.